Sophie Barjac
2007
Nés en 68
Réalisation Olivier Ducastel
et Jacques Martineau

 

2007 - Nés en 68 - Réalisation Olivier Ducastel et Jacques Martineau

Scénario et dialogue Olivier Ducastel et Jacques Martineau - Sur une idée de Guillaume Le Touze - Collaboration au scénario Catherine Corsini, Guillaume Le Touze, François-Olivier Rousseau - Directeur photo Matthieu Poirot-Delpech - Musique Philippe Miller - Décor Denis Moutereau - Montage Dominique Galliéni - Assistant réalisateurs Sébastien Matuchet - Son Régis Muller, Julien Bourdeau, Olivier Dô Hùu - Directrice de prod Hélène Bastide - Producteurs Philippe Martin, Lola Gans - Production Les films Pelléas, Arte France, France 2, CNC - Distribution Pyramide Distribution - Sortie Paris 21-5-2008 - 2h53

 

 

 

Avec Laetitia Casta (Catherine), Yannick Rénier (Yves), Yann Tregouët (Hervé) , Christine Citti (Maryse), Marc Citti (Serge), Edouard Collin (Christophe), Matthias Van Khache (Jean-Paul), Sabrina Seyvecou (Ludmilla), Théo Frilet (Boris), Kate Moran (Caroline), Fejria Deliba (Dalila), Osman Elkharraz (Joseph), Slimane Yefsah (Farivar), Thibault Vinçon (Vincent), Maryline Canto (Dominique), Alain Fromager (Antoine), Gabriel Willem (Pierre), Audrey Nobis (Nicole). Et avec Sophie Barjac et Pierre-Loup Rajot.

Le sujet : 1968. Catherine, Yves et Hervé ont vingt ans, sont étudiants à Paris et s'aiment. La révolte du mois de mai bouleverse leur existence. Gagnés par l'utopie communautaire, ils partent avec quelques amis s'installer dans une ferme abandonnée du Lot. L'exigence de liberté et la recherche de l'accomplissement individuel les conduisent à faire des choix qui finissent par les séparer.
1989. Les enfants de Catherine et Yves entrent dans l'âge adulte et affrontent un monde qui a profondément changé : entre la fin du Communisme et l'explosion de l'épidémie de sida, l'héritage militant de la génération précédente doit être revisité....

Notes :

* Jacques Martineau, le réalisateur de Nés en 68, explique que son regard, ainsi que celui de son co-réalisateur Olivier Ducastel, est dépourvu de nostalgie par rapport à cette époque : "Il n'y a pas de nostalgie. D'abord parce que l'idéalisation du passé est le fondement de la réaction. Et puis tout simplement parce que ces années ont été difficiles. D'autant que dans les années 69, 70..., le retour à l'ordre a été très évident. Quant à la vie en communauté, tous ceux qui ont connu cette expérience et que nous avons entendus nous ont dit que c'était très excitant mais aussi très éprouvant physiquement et psychologiquement. Le regret que nous pouvons peut-être avoir de cette époque se situe par rapport à l'appréhension du monde ou au regard politique. Je ne sais pas si les choix étaient plus faciles mais il y avait des corpus plus constitués qui étaient plus simples. Et il y avait sans doute plus d'enthousiasme dans l'explosion libertaire de 1968 que dans les années 90..."

* Nés en 68 contient un épilogue se déroulant en 2007. A l'origine, le film s'arrêtait en 2002, mais un élément de l'actualité politique hexagonale a quelque peu modifié l'écriture du scénario. Jacques Martineau explique : "Quand nous mettions la dernière main au scénario, au printemps 2007, à la fin de la campagne présidentielle, les discours anti-mai 68 ont resurgi, le principal étant celui de Nicolas Sarkozy lors de son meeting parisien d'entre-deux-tours." Et Olivier Ducastel de préciser : "Oui, cette fois-ci, c'est un événement historique qui est venu à la rencontre de notre moment d'écriture. C'est parce que la campagne de Sarkozy a tourné autour de mai 68 qu'il nous a semblé absolument nécessaire qu'il y ait cet épilogue. De plus, c'est lui qui nous en a fourni la matière première avec ce qu'on pourrait presque considérer comme un mot d'auteur : "Il faut liquider l'héritage de mai 68".

* Olivier Ducastel, réalisateur de Nés en 68, explique qu'écrire et mettre en scène ce film centré autour de la célèbre période de mai 68 était, pour lui et son co-réalisateur Jacques Martineau, "une façon de reprendre possession d'une partie de notre existence qui appartient déjà à l'Histoire, et même, pour l'essentiel, à l'Histoire révolue. C'est un retour sur notre passé personnel et collectif. Le film propose ainsi comme une recomposition, à partir d'aujourd'hui, de ce passé. Il n'était pas question pour nous d'aborder ces quarante dernières années d'un point de vue d'historiens, mais d'un point de vue très intime, à la lumière de ce que nous sommes aujourd'hui." Et Jacques Martineau d'ajouter : "Et puisque l'occasion nous était donnée d'accompagner des personnages pendant 40 ans, nous nous sommes lancés dans le romanesque, avec ce qui le caractérise : des événements, des rebondissements... tout cela de mai 68 jusqu'à nos jours."

* Lien-critique : Ici !


Le DVD : Sorti le 4-12-2008 chez TF1 Vidéo

La critique de dvdrama.com :

- L'image : Disposant d'une image remarquablement numérisée, Nés en 68 nous parvient sous des dehors extrêmement aguichants. Finement défini et très bien contrasté, le métrage réalisé par Olivier Ducastel et Jacques Martineau profite à plein de son passage sur format numérique. On appréciera en effet, le rendu des carnations des personnages et l'intensité des couleurs à l'écran – l'ensemble ne manquant nullement de caractère. On retiendra aussi la belle tenue du transfert en général qui malgré la durée du film (2h47) n'hypothèque en rien la compression du métrage. Par conséquent, on appréciera à sa juste valeur, la numérisation de Nés en 68 qui s'avère être très réussie.

- Le son : Disposant de deux pistes françaises en Dolby Digital 2.0 et 5.1, Nés en 68 se destine aussi bien aux installations performantes qu'à celles plus modestes. Ainsi, si l'on s'attache à la version 5.1, on notera l'appréciable rendu des voix et des ambiances, faisant que la bande sonore – très dynamique - sonne d'une belle clarté. Jouissant de surcroît d'une belle spatialisation, la version 5.1 s'avère particulièrement impactante et efficace. Autrement, comparativement à la 5.1, la version Dolby digital 2.0 est moins attrayante mais suffisamment dynamique pour faire oublier qu'elle ne prend ni n'occupe l'espace comme sa devancière. De fait, Nés en 68 profite dans les deux cas, d'une immersion sonore satisfaisante qui sert à plein le métrage. Dès lors, on peut affirmer que la bande sonore de cette édition est d'une belle qualité et dispense un confort d'écoute général manifestement bon.

- Interactivité : Si les menus de navigation du film sont somme toute classiques, ce qui est le plus regrettable dans cette édition, c'est qu'elle manque de bonus. En effet, eu égard à la longueur du film et au choix de proposer une numérisation de belle qualité, la place restante pour de potentiels suppléments s'est trouvée trop réduite. Par conséquent, dépourvu du moindre complément, cette édition de Nés en 68 pâtit de cette absence, d'autant plus difficile à admettre qu'il y avait beaucoup à dire et à expliquer sur le projet que constituait le film mais aussi sur la période ô combien riche en événements.

 

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